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Une facture impayée ? Agissez dès l’échéance.

Réponse directe

Le recouvrement de créances regroupe les démarches permettant à une entreprise d’obtenir le paiement d’une facture ou d’une somme arrivée à échéance. Il commence généralement par une phase amiable — relance, négociation, mise en demeure — et peut se poursuivre par une procédure judiciaire lorsque le débiteur ne paie pas. La stratégie dépend surtout des preuves disponibles, du montant, de la contestation éventuelle et de la solvabilité du débiteur.

Quand agir ?Dès l’échéance dépasséeIl n’existe pas de délai général imposant d’attendre plusieurs relances.
Entre professionnels40 € + pénalitésDans les conditions prévues par l’article L. 441-10 du Code de commerce.
Deux voiesAmiable puis judiciaireLa procédure dépend de la réaction du débiteur et du niveau de contestation.
ObjectifObtenir le paiementSans laisser la prescription ou l’insolvabilité réduire vos chances de recouvrement.
GUIDE 2026

Recouvrement de créances : le guide complet pour les entreprises.

Facture impayée, relance, mise en demeure, pénalités, injonction de payer, prescription ou débiteur en difficulté : voici les points à vérifier avant d’engager ou d’escalader un recouvrement.

Quelles créances peut-on recouvrer ?

Une entreprise peut engager des démarches pour obtenir le paiement d’une facture impayée, d’un prix de vente, de travaux, d’une prestation de services ou plus généralement d’une obligation de paiement. Avant d’agir, il faut pouvoir identifier précisément l’origine de la dette, son montant, son échéance et les éléments qui démontrent que la prestation ou la livraison a bien été exécutée.

Pour une procédure d’injonction de payer, l’article 1405 du Code de procédure civile vise notamment les créances ayant une cause contractuelle et portant sur un montant déterminé. Une créance contestée n’est donc pas nécessairement irrécouvrable, mais elle peut nécessiter une procédure permettant un débat contradictoire plus complet.

À vérifier

L’existence de la dette

Contrat, devis accepté, bon de commande, facture, reconnaissance de dette ou tout autre document établissant l’obligation.

À vérifier

L’exécution de votre prestation

Bon de livraison, procès-verbal de réception, compte rendu, échanges, feuilles d’intervention ou preuves de réalisation.

À vérifier

L’échéance

La somme doit être réclamée au moment où elle est due. En B2B, les délais de paiement sont encadrés par le Code de commerce.

À vérifier

La solvabilité du débiteur

Obtenir un titre n’assure pas le paiement si le débiteur ne dispose d’aucun actif saisissable ou fait l’objet d’une procédure collective.

Une facture seule ne règle pas toujours la question de la preuve.

Plus votre dossier contient de pièces concordantes sur la commande, l’exécution et l’acceptation de la prestation, plus il est simple d’identifier la stratégie de recouvrement adaptée.

Recouvrement amiable ou recouvrement judiciaire : quelle différence ?

Le recouvrement amiable cherche à obtenir le règlement volontaire de la dette. Il permet de relancer, négocier, demander une date ferme de paiement, proposer un échéancier ou adresser une mise en demeure. Il ne permet pas, à lui seul, de saisir un compte bancaire ou un bien.

Le recouvrement judiciaire vise à obtenir une décision ou un titre permettant, lorsque les conditions sont réunies, de poursuivre l’exécution forcée. Le choix entre injonction de payer, référé-provision ou action au fond dépend notamment de la nature de la créance et de l’existence d’une contestation.

SituationVoie généralement envisagéeObjectif
Retard récent, débiteur joignableRelance et recouvrement amiableObtenir une date ferme de paiement sans judiciariser immédiatement.
Promesses non tenues ou silenceMise en demeure puis escaladeFormaliser la demande et préparer la suite du dossier.
Créance contractuelle chiffrée et documentéeInjonction de payer possibleObtenir une ordonnance dans le cadre prévu par les articles 1405 et suivants du CPC.
Obligation non sérieusement contestableRéféré-provision selon le dossierDemander rapidement une provision au juge compétent.
Contestations importantes, demandes croisées ou expertiseAction au fondPermettre un débat complet sur le contrat, l’exécution et le montant dû.

La mise en demeure reste une étape structurante dans de nombreux dossiers. L’article 1344 du Code civil prévoit qu’elle peut résulter d’une sommation ou d’un acte portant interpellation suffisante, ou, lorsque le contrat le prévoit, de la seule exigibilité de l’obligation.

Quels documents préparer pour recouvrer une facture impayée ?

Un dossier de recouvrement efficace doit permettre de comprendre rapidement pourquoi la somme est due, combien est dû et depuis quand. Réunissez dès le départ les pièces utiles :

  • facture et échéance de paiement ;
  • devis signé, contrat, bon de commande ou conditions générales acceptées ;
  • bon de livraison, procès-verbal de réception ou preuve d’exécution de la prestation ;
  • emails, messages ou courriers dans lesquels le débiteur reconnaît la commande, la prestation ou la dette ;
  • relances déjà envoyées et éventuelles promesses de paiement ;
  • coordonnées exactes et informations d’identification du débiteur ;
  • tout élément relatif à une contestation, un avoir, un paiement partiel ou un échéancier.

En cas de contestation, transmettez également les pièces qui permettent d’y répondre. Masquer une contestation existante ne renforce pas le dossier : elle doit au contraire être identifiée pour choisir la procédure appropriée.

Facture impayée entre professionnels : pénalités de retard et indemnité de 40 €

Entre professionnels, l’article L. 441-10 du Code de commerce encadre les délais de paiement et les conséquences du retard. Les pénalités de retard sont exigibles le jour suivant la date de règlement figurant sur la facture, sans qu’un rappel soit nécessaire. Sauf stipulation différente respectant le minimum légal, le taux correspond au taux de refinancement de la Banque centrale européenne majoré de 10 points.

Le professionnel en retard est également, lorsque le régime de l’article L. 441-10 s’applique, débiteur de plein droit d’une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 €, montant fixé par l’article D. 441-5 du Code de commerce. Si les frais exposés dépassent ce montant, une indemnisation complémentaire peut être demandée sur justification dans les conditions prévues par le texte.

Attention : 40 € ne signifie pas que tous les frais de recouvrement sont automatiquement transférés au débiteur.

La répartition des frais dépend de leur nature, de la qualité des parties et de la phase amiable ou judiciaire. Le régime B2B de l’article L. 441-10 doit être distingué des autres règles relatives aux frais de recouvrement.

Combien de temps avez-vous pour recouvrer une créance ?

La prescription dépend de la nature de la créance et de la qualité des parties. Pour les obligations nées à l’occasion de leur commerce, l’article L. 110-4 du Code de commerce prévoit en principe une prescription de 5 ans, sauf prescription spéciale plus courte. Le délai de droit commun de l’article 2224 du Code civil est également de 5 ans pour les actions personnelles ou mobilières, selon son point de départ.

À l’inverse, l’action d’un professionnel contre un consommateur pour les biens ou services qu’il lui fournit se prescrit en principe par 2 ans en application de l’article L. 218-2 du Code de la consommation.

Une simple relance ou une mise en demeure ne suffit pas, à elle seule, à interrompre la prescription. La reconnaissance du droit du créancier par le débiteur, une demande en justice ou certains actes prévus par la loi peuvent produire un effet interruptif. Une créance ancienne doit donc être analysée avant de conclure qu’elle est prescrite.

Injonction de payer en 2026 : ce qui a changé

L’injonction de payer est une procédure sur requête prévue par les articles 1405 et suivants du Code de procédure civile. Pour les ordonnances rendues à compter du 1er septembre 2026, le régime a évolué : l’ordonnance doit notamment être signifiée dans le délai applicable, désormais ramené à 3 mois, faute de quoi elle devient non avenue.

Le débiteur dispose en principe d’un délai d’un mois pour former opposition. Par ailleurs, le nouvel article 1422 du Code de procédure civile prévoit des règles suspensives spécifiques et un délai de deux mois suivant la signification avant que l’ordonnance ne produise les effets d’un titre exécutoire, sous les conditions prévues par le texte.

Préparer la requêtePrésenter la créance et joindre les pièces qui établissent son origine et son montant.
Décision sur requêteLe juge statue d’abord sans débat contradictoire préalable avec le débiteur.
Signifier et respecter les délaisLa signification, l’opposition éventuelle et les délais d’exécution doivent être suivis avec précision.

Pour aller plus loin : injonction de payer ou référé-provision : quelle procédure choisir ?

Que faire si votre débiteur est en sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire ?

Lorsqu’une procédure collective est ouverte, continuer les relances comme si rien n’avait changé peut faire perdre un temps précieux. Les créances antérieures au jugement d’ouverture doivent en principe être déclarées au mandataire judiciaire selon les règles du Code de commerce.

L’article R. 622-24 du Code de commerce fixe en principe un délai de 2 mois à compter de la publication du jugement d’ouverture au BODACC, avec des adaptations notamment pour certains créanciers établis hors du territoire concerné. Le dossier doit donc être orienté immédiatement vers la déclaration de créance et non vers une procédure individuelle classique de recouvrement.

Premier réflexe : vérifier la situation du débiteur.

Avant d’engager des frais judiciaires, vérifiez notamment l’existence d’une procédure collective et conservez les preuves de votre créance. La stratégie n’est plus la même une fois le jugement d’ouverture publié.

Créance contestée : faut-il continuer le recouvrement ?

Oui, une contestation ne fait pas disparaître automatiquement la dette. Mais elle modifie l’analyse. Il faut déterminer si elle est documentée, si elle porte sur la totalité ou seulement une partie de la facture, et si elle concerne la commande, la qualité de la prestation, les délais, une compensation ou un paiement déjà réalisé.

Une contestation sérieuse peut rendre une procédure simplifiée moins adaptée et conduire à privilégier un référé ou une action au fond selon le dossier. À l’inverse, une contestation tardive, non étayée ou contredite par les pièces peut être intégrée au dossier de recouvrement sans empêcher toute action.

Recouvrement de créances : les 6 erreurs qui font perdre du temps

Erreur 1

Relancer indéfiniment

Après plusieurs promesses non tenues, répéter le même email ne crée plus de levier. Il faut changer d’étape.

Erreur 2

Attendre avant de réunir les preuves

Les échanges, bons de livraison et validations sont plus faciles à retrouver lorsque le dossier est encore récent.

Erreur 3

Ignorer une contestation

Une objection doit être qualifiée et documentée avant de choisir l’injonction, le référé ou l’action au fond.

Erreur 4

Oublier la prescription

Une mise en demeure n’interrompt pas automatiquement le délai. Le temps écoulé doit être vérifié juridiquement.

Erreur 5

Négliger la solvabilité

Un titre exécutoire n’a de valeur pratique que s’il existe ensuite des actifs ou revenus saisissables.

Erreur 6

Manquer une procédure collective

Si le débiteur est en procédure collective, la déclaration de créance devient prioritaire.

Expertise juridique

Contenu juridique rédigé et vérifié par Maître Coline Vuillermet, avocate au Barreau de Paris et fondatrice de Néo-Justice. Cette page fournit une information générale sur le recouvrement de créances et ne remplace pas l’analyse d’un dossier particulier. Dernière mise à jour : 5 octobre 2026.

Une facture est déjà impayée ?

Déposez votre dossier en ligne. Si la créance est contestée ou si une procédure judiciaire doit être choisie, vous pouvez également échanger gratuitement avec un avocat pendant 10 minutes.

FAQ

Recouvrement de créances : toutes les réponses.

Facture impayée, mise en demeure, recouvrement amiable, injonction de payer, frais, prescription ou procédure judiciaire : retrouvez les réponses aux principales questions que se posent les entreprises et professionnels avant d’engager un recouvrement en France.

Informations juridiques vérifiées au 5 octobre 2026
Quand agir ? Dès l’échéance dépassée Aucun délai général n’impose d’attendre plusieurs relances.
B2B 40 € + pénalités Sous les conditions de l’article L. 441-10 du Code de commerce.
Prescription 5 ans en B2B, en principe Sauf délai spécial plus court ; 2 ans en principe pour l’action du professionnel contre un consommateur.
Justice Plusieurs procédures Injonction, référé-provision ou action au fond selon le dossier.
01
Comprendre le recouvrement
Qu’est-ce que le recouvrement de créances ?

Le recouvrement de créances désigne l’ensemble des démarches entreprises par un créancier pour obtenir le paiement d’une somme que son débiteur ne règle pas à l’échéance.

Il peut concerner une facture impayée, un prix de vente, une prestation de services, des travaux, un prêt ou toute autre obligation de paiement suffisamment établie.

Le recouvrement peut commencer par des démarches amiables : relance, échange avec le débiteur, négociation, échéancier ou mise en demeure. Si elles échouent, une procédure judiciaire peut permettre d’obtenir un titre exécutoire puis, si nécessaire, de recourir à l’exécution forcée par un commissaire de justice.

La stratégie dépend toujours de la qualité des preuves, du montant, de l’existence éventuelle d’une contestation et de la solvabilité du débiteur.

Comment fonctionne un recouvrement de créances étape par étape ?

Il n’existe pas un parcours légal unique imposant systématiquement un nombre déterminé de relances. En pratique, le recouvrement suit souvent une progression en plusieurs étapes.

1. Vérifier la créance : contrat, devis, facture, preuve d’exécution, montant restant dû, échéance et éventuelle contestation.

2. Relancer : rappeler la facture et demander une date précise de règlement.

3. Formaliser : lorsqu’un engagement n’est pas respecté ou que le débiteur ne répond plus, une mise en demeure peut formaliser la demande.

4. Engager le recouvrement judiciaire : injonction de payer, référé-provision ou action au fond, selon la nature et le niveau de contestation du dossier.

Pour le détail, consultez notre guide Recouvrement de factures impayées : les étapes essentielles.

Qui peut engager une procédure de recouvrement ?

Toute personne physique ou morale qui se prétend titulaire d’une créance peut entreprendre des démarches pour en obtenir le paiement.

Pour obtenir judiciairement le paiement, le créancier doit pouvoir démontrer son droit : origine de la dette, montant, échéance et, lorsqu’il s’agit d’une prestation, son exécution.

Une facture, à elle seule, ne résout donc pas nécessairement toutes les questions de preuve. Il est utile de conserver le contrat, le devis accepté, les bons de commande, les bons de livraison, les échanges écrits, les validations et toute preuve de l’exécution.

Le créancier peut agir lui-même pour certaines démarches ou se faire assister, selon la situation, par un avocat, un commissaire de justice ou un professionnel du recouvrement.

Quelle différence entre créancier et débiteur ?

Le créancier est la personne à qui une somme est due. Le débiteur est la personne tenue de la payer.

Lorsqu’une entreprise réalise une prestation pour un client et lui adresse une facture, l’entreprise est créancière du prix et le client est débiteur de cette somme.

Les rôles peuvent naturellement varier d’une relation contractuelle à l’autre : une entreprise peut être créancière de ses clients tout en étant débitrice de ses fournisseurs.

Facture déjà impayée ? Passez de la théorie à l’action. Déposez votre dossier et engagez la démarche adaptée.
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02
Coût du recouvrement
Combien coûte un recouvrement de créances ?

Le coût dépend de la voie choisie et de la complexité du dossier.

Une phase amiable est généralement moins coûteuse qu’une procédure judiciaire, qui peut nécessiter des actes de commissaire de justice, des frais propres à la juridiction et, selon le dossier, l’intervention d’un avocat.

Chez Néo-Justice, le recouvrement amiable fonctionne sans abonnement. L’ouverture du dossier amiable est affichée à 9,99 € et une commission de 15 % s’applique sur les sommes effectivement recouvrées.

Si une procédure judiciaire devient nécessaire, sa tarification est distincte et doit être connue avant engagement. Aucun résultat de paiement ne peut être garanti, notamment parce que la solvabilité du débiteur reste déterminante.

Qui paie les frais de recouvrement, le créancier ou le débiteur ?

Il faut distinguer le recouvrement amiable, les transactions commerciales B2B et l’exécution forcée.

En principe, les frais de recouvrement entrepris sans titre exécutoire restent à la charge du créancier, sous les exceptions prévues par la loi.

Entre professionnels, l’article L. 441-10 du Code de commerce prévoit cependant une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement due de plein droit en cas de retard de paiement. Son montant est fixé à 40 €.

Lorsque les frais de recouvrement exposés sont supérieurs à cette indemnité, une indemnisation complémentaire peut être demandée sur justification dans les conditions prévues par le texte.

Les frais nécessaires de l’exécution forcée, lorsqu’un titre exécutoire existe, sont quant à eux en principe à la charge du débiteur, sous les réserves de l’article L. 111-8 du Code des procédures civiles d’exécution.

Les frais de recouvrement sont-ils récupérables auprès du débiteur ?

Une partie peut l’être, mais il est juridiquement inexact d’affirmer que tous les frais seront automatiquement remboursés par le débiteur.

En B2B, l’indemnité forfaitaire de 40 € et, le cas échéant, une indemnisation complémentaire justifiée peuvent être réclamées selon l’article L. 441-10 du Code de commerce.

En cas de procédure judiciaire, le juge peut également condamner la partie perdante aux dépens et lui faire supporter une somme au titre de l’article 700 du Code de procédure civile.

Cette dernière somme n’est ni automatique ni nécessairement égale aux honoraires réellement engagés.

Retrouvez notre analyse complète : frais de recouvrement : qui paie réellement ?

Vous voulez chiffrer ce que vous pouvez réclamer ? Principal, pénalités, intérêts et frais ne suivent pas tous les mêmes règles.
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03
Délais
Combien de temps dure un recouvrement de créances ?

Il n’existe pas de durée standard fiable.

Un débiteur qui règle après une première démarche peut mettre fin au dossier rapidement. À l’inverse, une contestation, une opposition à une injonction de payer, une procédure au fond ou des difficultés d’exécution peuvent allonger considérablement le recouvrement.

La durée dépend notamment :

  • de la réaction du débiteur ;
  • de la qualité des justificatifs ;
  • du niveau de contestation ;
  • de la juridiction saisie ;
  • des délais de signification ;
  • et de la solvabilité du débiteur.

Il est donc préférable de ne pas annoncer un délai de résultat garanti.

Au bout de combien de jours de retard puis-je engager un recouvrement ?

Lorsque la dette est arrivée à échéance et qu’elle est exigible, il n’existe pas de délai général obligeant le créancier à attendre 5, 15 ou 30 jours supplémentaires avant de commencer ses démarches.

Une première relance peut donc intervenir dès l’échéance dépassée.

Entre professionnels, lorsque l’article L. 441-10 du Code de commerce est applicable, les pénalités de retard sont exigibles dès le jour suivant la date de règlement figurant sur la facture, sans qu’un rappel soit nécessaire.

Si le délai est déjà dépassé, consultez : Délai de paiement dépassé : que faire ?

Quel délai respecter entre deux relances avant la mise en demeure ?

Il n’existe pas de délai légal général imposant un calendrier du type J+7, J+15 puis J+30.

Le rythme doit être adapté au montant, à la relation commerciale, au contrat et à la réaction du débiteur.

Une relance doit surtout permettre d’obtenir : une date de paiement, une contestation précise ou une absence de réponse qui justifie de passer à l’étape suivante.

Lorsqu’une date de paiement promise n’est pas respectée, il est rarement utile de recommencer indéfiniment la même relance.

04
Procédure amiable
Comment fonctionne un recouvrement amiable ?

Le recouvrement amiable vise à obtenir un paiement volontaire sans recourir immédiatement à une décision judiciaire.

Il peut comprendre :

  • une relance écrite ;
  • un échange avec le débiteur ;
  • une demande de date ferme de règlement ;
  • une mise en demeure ;
  • une négociation ;
  • ou un échéancier de paiement.

La mise en demeure n’est pas ce qui fait naître l’indemnité forfaitaire de 40 € ou les pénalités de retard B2B prévues par l’article L. 441-10 : celles-ci peuvent être dues de plein droit dans les conditions du texte.

Le recouvrement amiable ne permet cependant pas de pratiquer une saisie. Pour contraindre un débiteur, il faut disposer d’un titre exécutoire.

La mise en demeure est-elle obligatoire avant un recouvrement judiciaire ?

Non, pas de manière générale.

La mise en demeure est souvent utile et peut produire des effets juridiques importants, mais elle ne constitue pas une condition universelle de recevabilité de toute procédure judiciaire ou de toute injonction de payer.

Il faut vérifier le contrat, le fondement invoqué et la procédure envisagée.

Il existe par ailleurs des situations où une tentative préalable de conciliation, de médiation ou de procédure participative est exigée, notamment pour certaines demandes relevant de l’article 750-1 du Code de procédure civile et n’excédant pas 5 000 €, sous réserve des exceptions prévues.

Cette obligation de tentative amiable ne doit pas être confondue avec l’envoi d’une mise en demeure.

Voir : mise en demeure pour facture impayée.

Peut-on négocier un échéancier de paiement avec un débiteur ?

Oui. Un échéancier peut constituer une solution utile lorsqu’un débiteur reconnaît la dette mais rencontre une difficulté de trésorerie temporaire.

L’accord devrait être formalisé par écrit et préciser notamment :

  • le montant total reconnu ;
  • les échéances ;
  • le montant de chaque versement ;
  • le mode de paiement ;
  • et les conséquences d’un nouvel impayé.

Il faut également distinguer un simple projet d’échéancier d’une véritable reconnaissance de dette. La reconnaissance par le débiteur du droit du créancier interrompt la prescription, conformément à l’article 2240 du Code civil.

Que faire si le débiteur ne répond pas à la mise en demeure ?

L’absence de réponse est généralement le signal qu’il faut arrêter de multiplier les courriers identiques.

La suite dépend de la créance :

  • recouvrement amiable renforcé ;
  • injonction de payer ;
  • référé-provision ;
  • ou action au fond.

Il faut notamment apprécier le montant, la juridiction compétente, les justificatifs disponibles et l’existence éventuelle d’une contestation sérieuse.

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05
Procédure judiciaire
Quand faut-il passer par une procédure judiciaire de recouvrement ?

Une procédure judiciaire peut devenir utile lorsqu’un débiteur ne paie pas volontairement et que les démarches amiables ne permettent plus d’obtenir un règlement crédible.

Le choix de la procédure dépend principalement du niveau de contestation.

Une créance contractuelle, chiffrée et bien documentée peut notamment se prêter à une injonction de payer.

Un référé-provision peut être envisagé lorsque l’obligation n’est pas sérieusement contestable.

Lorsqu’un débat complet est nécessaire sur le contrat, l’exécution, des malfaçons, des demandes croisées ou une expertise, une action au fond peut être plus adaptée.

Qu’est-ce qu’une injonction de payer et comment l’obtenir ?

L’injonction de payer est une procédure sur requête prévue par les articles 1405 et suivants du Code de procédure civile.

Elle peut notamment être utilisée lorsque la créance a une cause contractuelle et porte sur un montant déterminé.

Le créancier adresse une requête à la juridiction compétente avec les pièces justifiant sa demande. La première phase se déroule sans débat contradictoire préalable.

Pour les ordonnances relevant du nouveau régime applicable aux ordonnances rendues à compter du 1er septembre 2026, l’ordonnance doit être signifiée dans les trois mois de sa date, faute de quoi elle est non avenue.

Le débiteur dispose en principe d’un mois après la signification pour former opposition, sous les règles particulières applicables lorsque la signification n’a pas été faite à personne.

L’ordonnance ne peut pas être présentée comme immédiatement exécutoire dès sa signification : les règles nouvelles de l’article 1422 CPC organisent les délais et effets suspensifs avant l’exécution forcée.

Voir notre guide : Injonction de payer ou référé-provision ?

Combien coûte une procédure judiciaire de recouvrement ?

Le coût dépend de la juridiction, du type de procédure, de la nécessité ou non de recourir à un avocat, des actes de commissaire de justice et de la complexité du litige.

Une injonction de payer non contestée n’a pas le même coût qu’une action au fond avec plusieurs audiences, expertise ou incident de procédure.

En cas de succès, certains frais peuvent être mis à la charge du débiteur : dépens, somme éventuellement accordée au titre de l’article 700 CPC, et frais nécessaires de l’exécution forcée selon les règles applicables.

Leur récupération intégrale n’est cependant pas garantie.

Qu’est-ce qu’un titre exécutoire et à quoi sert-il ?

Un titre exécutoire permet de demander l’exécution forcée d’une obligation lorsqu’un débiteur ne s’exécute pas volontairement.

Il peut notamment résulter d’une décision de justice répondant aux conditions légales, d’un acte notarié revêtu de la formule exécutoire ou d’autres titres expressément prévus par la loi.

En matière d’injonction de payer, il faut désormais tenir compte des règles issues de la réforme 2026 : délai d’opposition, délai supplémentaire prévu par l’article 1422 et conditions dans lesquelles l’exécution forcée peut ensuite être poursuivie.

Une fois un titre exécutoire effectivement utilisable, un commissaire de justice peut mettre en œuvre les mesures d’exécution prévues par la loi, sous réserve que le débiteur dispose de biens ou sommes saisissables.

Amiable terminé ? Injonction, référé ou fond : la bonne procédure dépend du dossier.
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06
Prescription
Quel est le délai de prescription d’une créance ?

Il n’existe pas un délai unique pour toutes les créances.

Le délai de droit commun prévu par l’article 2224 du Code civil est de 5 ans pour les actions personnelles ou mobilières, à compter du jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d’agir.

En revanche, l’action d’un professionnel pour les biens ou services fournis à un consommateur se prescrit en principe par 2 ans en application de l’article L. 218-2 du Code de la consommation.

D’autres délais particuliers peuvent s’appliquer selon la nature de la dette.

Le point de départ doit également être vérifié au cas par cas : il ne faut pas réduire automatiquement toute analyse à la seule date imprimée sur une facture.

Peut-on encore recouvrer une facture de plusieurs années ?

Oui, si l’action n’est pas prescrite ou si un événement a valablement interrompu ou suspendu le délai applicable.

Il faut donc vérifier :

  • la nature de la créance ;
  • la qualité des parties ;
  • le point de départ du délai ;
  • les éventuelles reconnaissances du débiteur ;
  • les actions en justice déjà engagées ;
  • et les éventuelles mesures conservatoires ou d’exécution.

Une facture ancienne ne doit donc pas être considérée comme irrécouvrable sur la seule base de son âge.

Comment interrompre la prescription d’une créance ?

Le Code civil prévoit plusieurs causes d’interruption.

La reconnaissance par le débiteur du droit du créancier interrompt la prescription conformément à l’article 2240.

Une demande en justice, même en référé, interrompt également la prescription selon l’article 2241, sous les réserves prévues par les textes.

Une mesure conservatoire ou un acte d’exécution forcée peut aussi avoir un effet interruptif en application de l’article 2244.

En revanche, une simple relance ou une mise en demeure n’interrompt pas, à elle seule, la prescription.

Un paiement partiel ne doit pas non plus être présenté comme interrompant automatiquement la prescription : il faut déterminer s’il caractérise, dans le contexte du dossier, une véritable reconnaissance du droit du créancier.

07
Recouvrement pour les entreprises
Comment récupérer une facture impayée par un client professionnel ?

Commencez par vérifier le contrat, la facture, l’échéance, la preuve d’exécution et l’existence éventuelle d’une contestation.

En B2B, l’article L. 441-10 encadre les délais de paiement. À défaut de stipulations ou dispositions contraires, le délai ne peut dépasser 30 jours après réception des marchandises ou exécution de la prestation.

Un délai conventionnel peut en principe atteindre 60 jours après émission de la facture, ou 45 jours fin de mois sous les conditions prévues par le texte.

En cas de retard, les pénalités prévues par l’article L. 441-10 sont exigibles sans rappel préalable, et l’indemnité forfaitaire de recouvrement s’élève à 40 €.

Si le client ne paie pas, passez progressivement de la relance à la mise en demeure, puis à la procédure adaptée.

Comment gérer un client mauvais payeur récurrent ?

Un client qui paie régulièrement en retard ne devrait pas nécessairement continuer à bénéficier des mêmes conditions commerciales.

Selon votre contrat et votre activité, vous pouvez notamment :

  • augmenter l’acompte ;
  • réduire les délais de paiement ;
  • facturer par étapes ;
  • limiter l’encours autorisé ;
  • conditionner une nouvelle commande au paiement des anciennes ;
  • et automatiser les relances.

Dès qu’une nouvelle échéance n’est pas respectée, une date ferme doit être demandée. Une promesse non tenue doit conduire à changer de niveau plutôt qu’à recommencer indéfiniment les mêmes relances.

Voir : Client mauvais payeur : que faire ?

Peut-on suspendre une prestation en cas de facture impayée ?

Cela peut être possible, mais pas automatiquement dans toutes les situations.

Une clause contractuelle peut organiser les conséquences d’un défaut de paiement.

En outre, l’article 1219 du Code civil permet à une partie de refuser d’exécuter son obligation, alors même que celle-ci est exigible, si l’autre partie n’exécute pas la sienne et si cette inexécution est suffisamment grave.

Il faut donc examiner le contrat, la gravité de l’impayé, les obligations respectives et les conséquences d’une suspension avant de l’appliquer.

Quelles pénalités appliquer en cas de retard de paiement entre professionnels ?

L’article L. 441-10 du Code de commerce prévoit que les conditions de règlement précisent le taux des pénalités de retard.

Sauf stipulation contraire, le taux applicable est celui de la Banque centrale européenne pour son opération de refinancement la plus récente, majoré de 10 points.

Les parties peuvent prévoir un autre taux, mais celui-ci ne peut pas être inférieur à trois fois le taux d’intérêt légal.

Les pénalités sont exigibles le jour suivant la date de règlement figurant sur la facture, sans qu’un rappel soit nécessaire.

À cela s’ajoute, lorsque le régime B2B de l’article L. 441-10 est applicable, l’indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement.

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08
Dossiers sensibles et preuves
Quels documents faut-il fournir pour recouvrer une facture impayée ?

Réunissez tout ce qui permet d’établir l’origine, le montant et l’échéance de la dette : facture, devis signé, contrat, bon de commande, conditions générales acceptées, bon de livraison, procès-verbal de réception, échanges écrits et relances déjà effectuées.

Si le débiteur conteste la prestation, ajoutez immédiatement les pièces qui permettent de répondre à cette contestation. Un dossier cohérent est plus important qu’un grand nombre de documents sans lien direct avec la créance.

Peut-on recouvrer une créance sans contrat signé ?

Oui, l’absence d’un contrat formellement signé ne rend pas automatiquement la créance irrécouvrable. L’existence de l’obligation peut parfois résulter d’un ensemble de preuves : devis accepté, bon de commande, emails, preuve de livraison, utilisation de la prestation, factures antérieures réglées ou autres éléments concordants.

La force du dossier dépend toutefois du contexte et des règles de preuve applicables. En cas de contestation, une analyse juridique individualisée peut être nécessaire avant de choisir la procédure.

Peut-on recouvrer une créance contestée ?

Oui. Une contestation ne fait pas disparaître la créance, mais elle peut modifier la procédure à engager. Il faut déterminer si elle est sérieuse, documentée et si elle concerne la totalité ou seulement une partie de la somme réclamée.

Une injonction de payer peut être moins adaptée lorsqu’un débat important est prévisible. Selon les pièces et la nature du désaccord, un référé-provision ou une action au fond peut être préférable.

Que faire si le débiteur est en redressement ou liquidation judiciaire ?

Une procédure collective change immédiatement la stratégie de recouvrement. Pour les créances nées avant le jugement d’ouverture, le créancier doit en principe déclarer sa créance au mandataire judiciaire dans le cadre prévu par le Code de commerce.

Le délai de déclaration est en principe de 2 mois à compter de la publication du jugement d’ouverture au BODACC, selon l’article R. 622-24 du Code de commerce, sous réserve des règles particulières applicables à certaines situations. Il est donc important de vérifier la situation du débiteur avant d’engager une nouvelle procédure individuelle.

09
Recouvrement international
Peut-on recouvrer une facture impayée par un débiteur à l’étranger ?

Oui, mais il faut d’abord identifier la juridiction compétente, la loi éventuellement applicable, le pays dans lequel le débiteur dispose d’actifs et les mécanismes de reconnaissance ou d’exécution disponibles.

Dans l’Union européenne, certains instruments facilitent le traitement des créances transfrontalières, notamment l’injonction de payer européenne pour certaines créances pécuniaires civiles ou commerciales non contestées.

Pour les litiges transfrontaliers civils ou commerciaux n’excédant pas 5 000 €, la procédure européenne de règlement des petits litiges peut également être pertinente.

En dehors de l’Union européenne, la stratégie dépend davantage des règles de compétence, du droit local, des conventions internationales et des possibilités d’exécuter effectivement une décision.

Quels recours existent pour un débiteur situé dans l’Union européenne ?

Selon la situation, plusieurs voies peuvent être envisagées.

L’injonction de payer européenne permet de traiter certaines créances pécuniaires transfrontalières civiles ou commerciales non contestées, selon une procédure fondée sur des formulaires types.

La procédure européenne de règlement des petits litiges concerne les litiges transfrontaliers civils et commerciaux d’un montant n’excédant pas 5 000 €, hors frais et intérêts pour le calcul du seuil.

Ces règlements européens s’appliquent dans les États membres concernés, avec notamment une exception pour le Danemark.

Le choix de la procédure suppose malgré tout de vérifier la compétence internationale et les conditions propres au dossier.

10
Le recouvrement avec Néo-Justice
Comment fonctionne le dépôt d’un dossier de recouvrement sur Néo-Justice ?

Le dépôt se fait entièrement en ligne.

Vous renseignez notamment :

  • l’identité du créancier ;
  • l’identité du débiteur ;
  • le montant réclamé ;
  • l’origine de la créance ;
  • la date d’échéance ;
  • et les éventuelles démarches déjà effectuées.

Vous transmettez ensuite les justificatifs disponibles : facture, contrat, devis signé, bon de commande, preuve de livraison, échanges écrits ou reconnaissance de dette.

Ces éléments permettent d’orienter le dossier vers la démarche adaptée, sans qu’une solution standard puisse être imposée à toutes les créances.

Néo-Justice propose-t-elle un abonnement pour le recouvrement de créances ?

Non. Le service de recouvrement fonctionne sans abonnement.

Pour le recouvrement amiable, l’ouverture du dossier est affichée à 9,99 €, puis une commission de 15 % est appliquée aux sommes effectivement recouvrées.

Si une phase judiciaire devient nécessaire, elle fait l’objet d’une tarification distincte selon la procédure et le dossier.

Les conditions applicables doivent être présentées avant engagement. Aucun professionnel ne peut garantir la récupération effective d’une créance, notamment lorsque le débiteur est insolvable.

Comment suivre l’avancement de mon dossier de recouvrement sur Néo-Justice ?

Le traitement est organisé en ligne, afin de centraliser les principales informations et étapes du dossier.

Selon l’avancement, le dossier peut se trouver notamment :

  • en phase d’analyse ;
  • en recouvrement amiable ;
  • dans l’attente d’une réponse ou d’un règlement ;
  • en phase de formalisation ;
  • ou orienté vers une procédure judiciaire.

Une situation qui devient contestée ou juridiquement complexe peut nécessiter l’intervention ou l’analyse personnalisée d’un avocat.

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Sources juridiques Informations vérifiées au 5 octobre 2026

Les règles ci-dessus sont présentées de manière générale. Les délais, conditions de recevabilité et procédures applicables doivent être vérifiés au regard de chaque dossier.

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Ces informations générales ne remplacent pas une consultation auprès d’un avocat ni une analyse personnalisée de votre situation.

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