Dépôt de garantie retenu : l’essentiel en 30 secondes

Un bailleur ne peut pas conserver tout ou partie du dépôt de garantie sans rattacher la retenue à une somme réellement due ou à une dégradation imputable au locataire. Après la remise des clés, le délai de restitution est en principe d’un mois lorsque l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée et de deux mois dans les autres cas. En cas de retard, le solde dû peut être majoré de 10 % du loyer mensuel hors charges pour chaque période mensuelle commencée.
État des lieux conforme1 moisDélai maximal de restitution à compter de la remise des clés.
Différences constatées2 moisLe bailleur dispose d’un délai plus long lorsqu’il existe des retenues justifiées.
Retard+ 10 %Majoration du loyer mensuel hors charges par période mensuelle commencée, sous les conditions de l’article 22.
Petite créance≤ 5 000 €Une tentative de résolution amiable est en principe requise avant la saisine du juge, sauf exception.
Votre propriétaire conserve votre dépôt de garantie ?
Une mise en demeure peut chiffrer le solde dû, contester les retenues et réclamer la majoration légale déjà acquise.

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Que peut réellement retenir le propriétaire sur le dépôt de garantie ?

Le dépôt de garantie sert à couvrir les sommes dont le locataire reste redevable à la fin du bail. Il ne constitue ni une pénalité générale ni une réserve que le bailleur pourrait conserver sans explication. Toute retenue doit pouvoir être reliée à une dette ou à une obligation locative précise.

Les retenues les plus courantes concernent les loyers ou charges restant dus, les réparations locatives qui n’ont pas été exécutées, ou les dégradations constatées entre l’entrée et la sortie. Le bailleur peut également régulariser certaines charges lorsque les comptes définitifs ne sont pas encore arrêtés.

Motif invoqué Retenue possible ? Ce qu’il faut vérifier
Loyer ou charges impayés Oui Montant exact, période concernée et paiements déjà effectués.
Dégradation constatée à la sortie Oui, si elle est imputable au locataire Comparaison des états des lieux, vétusté, coût de remise en état.
Usure normale d’une peinture ancienne Non au titre d’une dégradation Âge du revêtement, usage normal, éventuelle grille de vétusté.
Remplacement complet d’un équipement ancien Pas automatiquement La vétusté doit être prise en compte ; le locataire ne finance pas nécessairement du neuf.
Travaux d’amélioration décidés par le bailleur Non Une amélioration ne peut pas être transformée en réparation locative.
Erreur fréquente :
dire que « toute retenue sans facture est illégale » est trop catégorique. Un devis peut suffire à justifier le coût d’une remise en état. Le vrai sujet est de savoir si la dégradation est prouvée, imputable au locataire, et si le montant retenu est cohérent.

Quels justificatifs le bailleur doit-il produire pour retenir votre caution ?

Le propriétaire doit pouvoir justifier les sommes conservées. En pratique, le dossier repose d’abord sur la comparaison des états des lieux, puis sur les éléments chiffrant la remise en état ou la dette : devis, facture, décompte de charges, pièces comptables ou tout document pertinent.

La comparaison des états des lieux est centrale

Une trace sur un mur n’a pas la même portée si elle figurait déjà à l’entrée. À l’inverse, une porte cassée ou une moquette fortement détériorée apparue pendant l’occupation peut justifier une retenue. Les photographies, vidéos et échanges écrits complètent utilement les états des lieux.

Un devis peut être suffisant

Le bailleur n’a pas toujours à démontrer qu’il a déjà fait exécuter les travaux. La jurisprudence admet classiquement qu’un devis puisse justifier une retenue. Cela ne dispense toutefois pas d’examiner son contenu : nature des travaux, surface réellement concernée, prix, vétusté et lien avec la dégradation.

État des lieux

Il permet de déterminer si le défaut existait déjà à l’entrée ou s’il est apparu pendant la location.

Photos datées

Elles aident à apprécier l’ampleur réelle du dommage et à éviter les descriptions excessives.

Devis ou facture

Ils chiffrent la remise en état, mais leur montant peut être contesté s’il est disproportionné ou sans lien avec le dommage.

Décompte de charges

Les retenues pour charges doivent correspondre aux règles applicables et aux éléments de régularisation.

Vétusté ou dégradation locative : comment faire la différence ?

La vétusté correspond à l’usure normale liée au temps et à l’usage ; la dégradation résulte d’un comportement ou d’un usage anormal imputable au locataire. Cette distinction évite de faire financer par le locataire le remplacement à neuf d’un élément déjà ancien.

Une peinture qui a perdu son éclat après plusieurs années relève en principe du vieillissement normal. Un mur couvert de dessins, une porte enfoncée ou un plan de travail brûlé peuvent au contraire caractériser une dégradation. Entre les deux, l’analyse dépend de l’âge de l’équipement, de sa durée d’usage normale et de l’état décrit à l’entrée.

Situation Qualification probable Conséquence
Peinture légèrement jaunie après plusieurs années Vétusté Pas de facturation intégrale au locataire.
Nombreux trous importants non rebouchés Dégradation possible Remise en état pouvant être retenue si elle est justifiée.
Parquet ancien devenu mat Usure normale possible Vétusté à prendre en compte.
Lames cassées après un choc Dégradation possible Réparation imputable selon les preuves.

Dépôt de garantie : le délai est-il d’un mois ou de deux mois ?

Le point de départ est la remise des clés. Lorsque l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée, le dépôt doit en principe être restitué dans le mois. Lorsque des différences existent et peuvent justifier des retenues, le délai est porté à deux mois.

Le locataire doit communiquer au bailleur l’adresse de son nouveau domicile lors de la remise des clés. Cette information est importante, car la majoration pour retard n’est pas due lorsque le retard provient précisément de l’absence de transmission de cette adresse.

Cas particulier : immeuble collectif

Lorsque le logement se situe dans un immeuble collectif, le bailleur peut conserver une provision dans l’attente de l’arrêté annuel des comptes de l’immeuble. La loi encadre cette retenue et impose ensuite une régularisation définitive du solde après approbation des comptes.

Article 22 de la loi du 6 juillet 1989.
Le texte encadre à la fois les délais de restitution, la justification des sommes restant dues et la majoration applicable en cas de retard.

Comment calculer les 10 % de majoration pour restitution tardive ?

La majoration est égale à 10 % du loyer mensuel en principal — donc hors charges — pour chaque période mensuelle commencée en retard. Elle s’ajoute au solde du dépôt de garantie restant dû.

Exemple : le loyer hors charges est de 900 €. Le dépôt restant dû est de 1 000 €. Si le bailleur accuse trois périodes mensuelles commencées de retard, la majoration peut atteindre 270 € (90 € × 3), sous réserve que les conditions légales soient réunies.

Bon réflexe :
dans une mise en demeure, indiquez la date de remise des clés, le délai légal applicable, la date à laquelle le retard a commencé et le calcul de la majoration arrêté au jour du courrier. Précisez qu’elle continuera à courir si le paiement n’intervient pas.

Comment récupérer un dépôt de garantie retenu abusivement ?

Il faut transformer un désaccord vague en demande chiffrée et documentée. La stratégie la plus efficace consiste à identifier chaque retenue, demander ses justificatifs, puis réclamer le solde et la majoration applicable dans une mise en demeure.
  1. Rassemblez le bail, les deux états des lieux et la preuve de remise des clés.Ajoutez les photos, quittances, courriels, preuves de paiement et l’adresse communiquée au bailleur.
  2. Demandez le détail des retenues.Demandez pour chaque poste son fondement, le document justificatif et le mode de calcul.
  3. Contestez ce qui relève de la vétusté ou ce qui n’est pas prouvé.Répondez poste par poste plutôt que d’affirmer globalement que toutes les retenues sont abusives.
  4. Adressez une mise en demeure chiffrée.Réclamez le principal, la majoration de l’article 22 et un paiement dans un délai déterminé.
  5. Respectez, si nécessaire, l’étape amiable préalable.Pour une demande de paiement n’excédant pas 5 000 €, l’article 750-1 du Code de procédure civile impose en principe une tentative de conciliation, médiation ou procédure participative, sauf exception.
  6. Saisissez le juge des contentieux de la protection si le litige persiste.Le dossier doit être immédiatement lisible : chronologie, montant demandé, retenues contestées, preuves et calcul de la majoration.

Retenue sur caution : quatre cas pratiques fréquents

« Le propriétaire retient 800 € pour repeindre tout l’appartement »

Il faut comparer l’état initial, l’état de sortie, l’âge des peintures et la nature exacte des traces. Une remise en peinture intégrale ne peut pas être automatiquement imputée au locataire si une partie du coût correspond à la vétusté.

« Il m’envoie seulement un devis »

Le devis n’est pas automatiquement insuffisant. Il faut vérifier s’il correspond aux dommages constatés, si les quantités sont cohérentes et si la vétusté a été prise en compte.

« Deux mois sont passés et je n’ai reçu aucune explication »

La situation justifie une réclamation formelle. La mise en demeure peut réclamer le solde et, si les conditions sont remplies, la majoration de 10 % par période mensuelle commencée.

« J’ai gardé le dernier loyer parce que je craignais de ne pas récupérer ma caution »

Cette pratique est risquée : le dépôt de garantie ne peut pas être unilatéralement imputé sur le dernier loyer. Le bailleur peut alors opposer l’impayé à votre demande de restitution.

Pourquoi une lettre d’avocat peut débloquer le remboursement ?

Un courrier utile ne se limite pas à demander « la restitution de la caution ». Il doit reprendre le régime de l’article 22, distinguer les retenues admises de celles qui sont contestées, intégrer la vétusté, fixer le calcul de la majoration et annoncer la suite procédurale de manière crédible.

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Néo-Justice permet de faire formaliser une demande chiffrée, structurée et juridiquement fondée lorsque le bailleur conserve le dépôt de garantie ou ne répond plus.

Dépôt de garantie : questions fréquentes

Quel est le délai pour récupérer le dépôt de garantie ?

Le délai maximal est en principe d’un mois après la remise des clés lorsque l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée, et de deux mois lorsque des différences justifient des retenues.

Le propriétaire doit-il fournir une facture acquittée pour retenir une somme ?

Non, une facture payée n’est pas toujours indispensable : un devis peut constituer un justificatif. En revanche, la retenue doit correspondre à une dégradation imputable au locataire, être justifiée et tenir compte de la vétusté.

Quelle est la pénalité en cas de restitution tardive ?

Le solde restant dû est en principe majoré de 10 % du loyer mensuel hors charges pour chaque période mensuelle commencée en retard. Cette majoration n’est notamment pas due lorsque le retard résulte de l’absence de transmission de la nouvelle adresse du locataire.

Le bailleur peut-il retenir de l’argent pour la vétusté ?

Non. L’usure résultant du temps ou d’un usage normal ne constitue pas une dégradation locative. Une grille de vétusté peut aider à répartir le coût d’un remplacement lorsqu’elle est applicable.

Le propriétaire peut-il garder le dépôt de garantie pour des charges de copropriété ?

Dans un immeuble collectif, le bailleur peut, sous conditions, conserver une provision plafonnée dans l’attente de l’arrêté annuel des comptes, puis procéder à la régularisation et restituer le solde.

Puis-je déduire le dépôt de garantie du dernier loyer ?

Non. Le dépôt de garantie ne remplace pas le dernier loyer. Le locataire reste tenu de payer le loyer et les charges jusqu’à la fin du bail.

Que faire si le propriétaire ne répond pas à la mise en demeure ?

Une tentative amiable peut être nécessaire, notamment pour une demande de paiement n’excédant pas 5 000 euros, sauf exception. Le litige locatif peut ensuite être porté devant le juge des contentieux de la protection.

Peut-on réclamer la majoration de 10 % dans la même demande que le dépôt de garantie ?

Oui, lorsque les conditions de l’article 22 de la loi du 6 juillet 1989 sont réunies, la demande peut chiffrer à la fois le solde du dépôt de garantie et la majoration acquise au jour de la réclamation.

Sources officielles

Textes et références utilisés

Les règles exposées dans ce guide ont été vérifiées au 5 octobre 2026. Les textes applicables et la situation contractuelle doivent toujours être contrôlés au jour du litige.

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