CGV / CGU : l’essentiel en 30 secondes

Les CGV encadrent la vente de biens ou de services ; les CGU organisent l’utilisation d’un site, d’une application ou d’une plateforme. Leur contenu dépend surtout de votre clientèle : les règles B2B ne sont pas les mêmes que les règles protectrices du consommateur. Pour un site marchand, il faut en outre articuler CGV, informations précontractuelles, rétractation, garanties, médiation, données personnelles et parcours de commande. Enfin, vos conditions doivent être accessibles et opposables au client au bon moment.
B2BCGV communiquéesLorsqu’elles sont établies, elles doivent être communiquées à l’acheteur professionnel qui les demande et constituent le socle de la négociation commerciale.
B2CInformation renforcéeLe consommateur doit recevoir avant le contrat des informations lisibles sur le produit, le prix, l’exécution, la résiliation et les litiges.
Vente à distance14 jours en principeLe consommateur dispose en principe d’un droit de rétractation de quatorze jours, sous réserve des exceptions légales.
OpposabilitéPreuve d’acceptationIl faut pouvoir établir quelle version a été acceptée et à quel moment, surtout en ligne.
Vos CGV viennent d’un modèle générique ou datent de plusieurs années ?Une rédaction utile part de votre offre réelle : commande, paiement, livraison, résiliation, responsabilité, propriété intellectuelle et parcours client.

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CGV et CGU : quelle est la différence ?

Les CGV organisent la relation contractuelle de vente ; les CGU organisent l’accès et l’usage d’un service ou d’un support numérique. Une même entreprise peut avoir besoin des deux, mais elles n’ont ni le même objet ni nécessairement la même force contractuelle.
Document Objet principal Exemples de clauses
CGV Vente de biens ou prestations Commande, prix, paiement, livraison, exécution, résiliation, garanties, responsabilité, litiges.
CGU Utilisation d’un site ou d’un service Compte utilisateur, accès, comportement interdit, contenus, suspension, propriété intellectuelle, disponibilité.
Politique de confidentialité Traitement des données personnelles Finalités, bases légales, durées, destinataires, droits des personnes.
Mentions légales Identification de l’éditeur et informations réglementaires Identité, coordonnées, hébergement et mentions exigées selon l’activité.

Fusionner tous ces textes dans un bloc unique de trente pages peut nuire à la lisibilité. L’enjeu est plutôt de construire un ensemble cohérent, accessible depuis le bon endroit et relié au parcours de souscription.

Les CGV sont-elles obligatoires ?

La réponse dépend du client et du contexte. En B2B, l’article L. 441-1 du Code de commerce organise la communication des CGV lorsqu’elles sont établies : elles doivent être communiquées à tout acheteur professionnel qui en fait la demande et constituent le socle unique de la négociation commerciale. Avec un consommateur, les obligations d’information précontractuelle imposent de toute façon de transmettre avant la conclusion du contrat de nombreuses informations qui sont généralement structurées dans les CGV.

Les CGU, elles, ne sont pas « obligatoires » de manière générale pour tout site internet. Elles deviennent cependant très utiles dès qu’un utilisateur crée un compte, publie du contenu, utilise un SaaS, accède à une place de marché ou bénéficie de fonctionnalités soumises à des règles d’utilisation.

La bonne question n’est pas seulement : « dois-je avoir des CGV ? »
Il faut demander : quelles informations dois-je fournir avant la vente, quelles règles contractuelles dois-je prouver, et quel document doit les porter dans mon parcours client ?

CGV B2B : quelles clauses sont essentielles ?

En B2B, les CGV doivent d’abord rendre prévisibles la commande, le prix, l’exécution et le paiement. Elles doivent aussi anticiper les incidents qui coûtent le plus cher : retard, impayé, modification du périmètre, résiliation, propriété des livrables et responsabilité.
Commande et périmètre

Définissez quand la commande devient ferme, l’articulation avec les devis et l’ordre de priorité entre documents contradictoires.

Prix et révision

Précisez prix HT/TTC selon le cas, frais, indexation ou mécanisme de révision, conditions de devis et travaux supplémentaires.

Paiement

Indiquez échéances, moyens de paiement, pénalités de retard et indemnité forfaitaire de recouvrement lorsque le régime B2B l’exige.

Résiliation

Prévoyez durée, renouvellement, préavis, manquements, mise en demeure et conséquences financières de la fin du contrat.

Propriété intellectuelle

Distinguez ce qui est cédé, concédé sous licence ou conservé, et précisez le périmètre d’usage des livrables.

Responsabilité

Une limitation doit être adaptée au droit applicable et aux obligations essentielles ; une exclusion absolue n’est pas un bouclier universel.

L’article L. 441-10 du Code de commerce encadre par ailleurs les délais de paiement entre professionnels et les pénalités de retard. L’indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement est fixée réglementairement à 40 €.

CGV B2C : pourquoi le droit de la consommation change-t-il la rédaction ?

Parce que le professionnel ne peut pas librement écarter les droits impératifs du consommateur. Les CGV doivent informer sans réduire les garanties légales ni insérer des clauses créant un déséquilibre significatif au détriment du consommateur.

L’article L. 221-5, dans sa version applicable depuis le 19 juin 2026 aux contrats concernés, impose notamment avant la conclusion d’un contrat à distance des informations lisibles et compréhensibles sur les caractéristiques essentielles, le prix, le délai de livraison ou de fourniture, l’identité et les coordonnées du professionnel, les modalités de résiliation et de règlement des litiges, ainsi que les informations requises sur le droit de rétractation lorsqu’il existe.

Thème Point à traiter Erreur fréquente
Prix Prix total et frais supplémentaires Faire apparaître des frais obligatoires trop tard dans le tunnel.
Exécution Date ou délai de livraison / prestation Utiliser seulement « dans les meilleurs délais » sans engagement exploitable.
Rétractation Délai, modalités, formulaire et exceptions Copier une exclusion qui ne correspond pas réellement à la prestation.
Garanties Garanties légales applicables Présenter une garantie commerciale comme si elle remplaçait la loi.
Médiation Accès au médiateur de la consommation Ne pas désigner le dispositif auquel le professionnel adhère.

Droit de rétractation : le client a-t-il toujours 14 jours ?

Pour les contrats à distance, par démarchage téléphonique ou hors établissement entrant dans le champ du texte, le principe est un délai de quatorze jours. Mais le point de départ varie selon qu’il s’agit d’un service ou d’un bien, et l’article L. 221-28 prévoit plusieurs exceptions.

Pour un service, le délai court en principe à compter de la conclusion du contrat ; pour une vente de biens, à compter de la réception selon les règles prévues par l’article L. 221-18. Une prestation commencée avant l’expiration du délai suppose d’organiser correctement la demande expresse du consommateur et les conséquences d’une rétractation. L’exécution complète d’un service ou la fourniture de certains contenus numériques peuvent, dans les conditions légales, affecter le droit de rétractation.

Écrire « aucun remboursement » ne supprime pas un droit légal de rétractation.
Inversement, toutes les ventes en ligne ne donnent pas lieu au même droit : les exceptions doivent être vérifiées au regard du produit ou service réellement vendu.

E-commerce, abonnement, SaaS : quelles clauses supplémentaires prévoir ?

Un service numérique a besoin de clauses adaptées à son fonctionnement technique et économique. Les questions de compte utilisateur, disponibilité, données, contenu, licence, abonnement, évolution fonctionnelle et sortie du service ne se règlent pas correctement avec des CGV de commerce classique.
01Création du compte

Conditions d’éligibilité, exactitude des informations, sécurité des identifiants, comptes multiples et responsabilité de l’utilisateur.

02Abonnement

Durée, renouvellement, période d’essai, facturation, changement de formule, suspension et résiliation.

03Niveau de service

Disponibilité, maintenance, support, sauvegarde, dépendances à des prestataires et éventuels engagements de service.

04Contenus et données

Droits sur les contenus déposés, export, suppression, conservation et articulation avec la politique de confidentialité.

05Propriété intellectuelle

Licence d’utilisation, restrictions, logiciels, marques, bases de données, API et contenus tiers.

06Fin du contrat

Accès après résiliation, export des données, suppression du compte, factures restantes et réversibilité si nécessaire.

Comment prouver que le client a accepté les CGV ?

En ligne, l’opposabilité se prépare dès la conception du tunnel de commande. Un lien discret dans le footer ne prouve pas à lui seul qu’un client a accepté les conditions qui lui sont opposées.
  1. Présentez les conditions avant l’engagement.Le client doit pouvoir les consulter au moment pertinent et non après le paiement.
  2. Utilisez une acceptation claire lorsqu’elle est requise.Case dédiée, formulation non ambiguë et absence de précochage lorsque le droit applicable l’exige.
  3. Conservez la version.Date, numéro de version ou empreinte du document permettent de savoir quelles conditions étaient en vigueur.
  4. Gardez la trace du consentement.Horodatage, commande, compte client et journal technique peuvent devenir des preuves importantes.
  5. Remettez un support durable lorsque nécessaire.Le client doit pouvoir conserver les informations contractuelles dans les situations prévues par les textes.

Quelles clauses de CGV sont souvent mal rédigées ?

Les clauses les plus risquées sont souvent celles qui cherchent à protéger « au maximum » sans tenir compte des limites légales. Plus une clause est absolue, plus il faut vérifier sa validité.
  • Exclusion totale de responsabilité : elle peut être inefficace notamment si elle vide une obligation essentielle de sa substance ou méconnaît un régime impératif.
  • Modification unilatérale illimitée : changer à tout moment le prix ou la prestation sans mécanisme encadré peut être contestable.
  • Renonciation générale aux garanties : elle est particulièrement problématique dans les contrats avec des consommateurs.
  • Attribution de compétence : une clause valable entre certains professionnels peut être inopposable ou illicite dans une relation de consommation.
  • Résiliation déséquilibrée : prévoir des sanctions fortes contre le client sans mécanisme symétrique ou proportionné peut exposer la clause.

Les CGU remplacent-elles une politique de confidentialité RGPD ?

Non. Les CGU peuvent contenir des engagements contractuels sur l’usage du service, mais l’information relative aux données personnelles répond à un régime spécifique. Il est généralement plus clair de disposer d’une politique de confidentialité identifiée et cohérente avec le fonctionnement réel du produit.

Le point essentiel est la cohérence : les finalités annoncées doivent correspondre aux traitements réellement effectués, les sous-traitants et durées doivent être maîtrisés et le consentement ne doit pas être utilisé comme base juridique par réflexe lorsqu’une autre base est applicable.

Quand faut-il refaire ou mettre à jour ses CGV / CGU ?

À chaque évolution importante de l’offre, du parcours client ou du cadre juridique. Une nouvelle formule d’abonnement, un paiement récurrent, une marketplace, un service numérique, une clientèle grand public ou une modification de la politique de résiliation peuvent rendre les anciennes conditions inadaptées.

Une mise à jour ne consiste pas seulement à changer la date en haut du document. Il faut aussi décider comment les nouvelles conditions s’appliquent aux clients existants, si un consentement supplémentaire est nécessaire et comment conserver l’historique des versions.

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CGV / CGU : questions fréquentes

Quelle différence entre CGV et CGU ?

Les CGV encadrent principalement la vente de biens ou de services. Les CGU définissent les règles d’accès et d’utilisation d’un site, d’une application ou d’une plateforme.

Les CGV sont-elles obligatoires en B2B ?

Lorsqu’un professionnel établit des CGV, l’article L. 441-1 du Code de commerce prévoit leur communication à tout acheteur professionnel qui en fait la demande. Elles constituent le socle unique de la négociation commerciale.

Faut-il des CGV pour vendre à des particuliers sur internet ?

Le professionnel doit fournir les informations précontractuelles obligatoires et respecter les règles de la vente à distance. En pratique, des CGV adaptées sont le support central pour organiser ces informations et les droits contractuels.

Le droit de rétractation est-il toujours de 14 jours ?

Quatorze jours est le principe pour les contrats à distance, par démarchage téléphonique ou hors établissement relevant de l’article L. 221-18, mais des exceptions sont prévues notamment par l’article L. 221-28.

Peut-on copier les CGV d’un concurrent ?

C’est risqué juridiquement et commercialement : elles peuvent ne pas correspondre à votre offre, contenir des clauses illicites dans votre situation et être protégées sur le plan de la propriété intellectuelle.

Une case “j’accepte les CGV” suffit-elle toujours ?

Elle est utile mais ne règle pas tout. Les conditions doivent être accessibles au bon moment, lisibles, applicables au contrat concerné et la version acceptée doit pouvoir être prouvée.

Les CGU remplacent-elles la politique de confidentialité ?

Non. Les règles relatives aux données personnelles nécessitent une information dédiée conforme au RGPD et aux traitements réellement mis en œuvre.

Combien est l’indemnité forfaitaire de recouvrement en B2B ?

L’article D. 441-5 du Code de commerce fixe à 40 euros l’indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement prévue par l’article L. 441-10, lorsque ce régime est applicable.

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